Une pièce calme : c’est gratuit et c’est le plus important
Le bruit de la pièce est le problème d’enregistrement qu’on ne peut pas réparer ensuite. Le bourdonnement de la climatisation, la circulation derrière une fenêtre à simple vitrage, un réfrigérateur deux portes plus loin et la réverbération d’un bureau aux surfaces dures restent tous dans le fichier. Aucun montage ne les retire proprement.
Dans la plupart des musées, le meilleur endroit pour enregistrer est une petite pièce avec moquette et mobilier souple, sans fenêtre sur la route, en dehors des heures d’ouverture. Une réserve avec des textiles suspendus donnera un meilleur résultat qu’une salle de réunion vitrée. Rien n’empêche d’essayer les deux et d’écouter le résultat.
Un microphone, et le moment où il faut arrêter de dépenser
Un microphone USB d’un prix que la plupart des organisations peuvent approuver sans difficulté suffit. La différence audible avec un équipement de studio professionnel disparaît une fois le fichier compressé pour le web et écouté sur un téléphone dans une salle fréquentée.
En revanche, un filtre antipop et une distance constante entre le narrateur et le micro font une différence audible, pour un coût presque nul. Un casque pour la personne qui surveille l’enregistrement permet aussi de repérer les problèmes pendant la séance, plutôt qu’une semaine plus tard.
Un microphone USB, plutôt que celui intégré à un ordinateur portable
Un filtre antipop, ou à défaut une chaussette sur le micro si vous n’avez vraiment rien d’autre
Un casque fermé pour la personne qui surveille l’enregistrement
Un logiciel de montage gratuit, largement suffisant
Une position assise constante pour éviter que le niveau sonore change entre les étapes
Les logiciels utiles
L’enregistrement et le montage peuvent se faire entièrement avec un logiciel gratuit. Il suffit de pouvoir couper les silences, harmoniser le volume d’une étape à l’autre et exporter un fichier compressé. On peut apprendre ces fonctions en un après-midi ; il n’est pas nécessaire d’engager quelqu’un pour cela.
Exportez toutes les étapes au même niveau sonore. Si la troisième est sensiblement moins forte que la deuxième, les visiteurs doivent régler le volume en pleine visite. C’est l’une des rares frustrations qui les poussent régulièrement à abandonner un audioguide.
La vraie liste des besoins concerne les personnes
Le matériel est la partie la moins coûteuse. Ce qui détermine si le guide verra le jour, c’est une personne qui connaît la collection pour rédiger, une autre qui sait lire à voix haute sans donner l’impression de lire, une personne chargée de relire chaque langue publiée et quelqu’un qui a le pouvoir de valider le script définitivement.
Ce dernier rôle est le plus souvent oublié, et c’est pourquoi les projets s’enlisent. Sans responsable qui tranche, le script est révisé sans fin ; toute modification après le début de la traduction entraîne des coûts dans chaque langue.
Ce dont vous n’avez pas besoin
Vous n’avez besoin ni d’un studio d’enregistrement, ni d’appareils à prêter aux visiteurs, ni d’une application, ni d’un comédien professionnel pour chaque langue. Les appareils et les applications sont des choix de diffusion, pas des obligations. Un guide ouvert dans le navigateur depuis un code QR permet de s’en passer.
Vous n’avez pas non plus besoin de couvrir toute la collection pour commencer. Dix étapes vraiment réussies seront écoutées ; quarante étapes moyennes ne le seront pas.
Questions fréquentes
De quel matériel a-t-on besoin pour créer un audioguide ?
D’une pièce calme, d’un microphone USB, d’un casque et d’un logiciel de montage gratuit. La pièce compte plus que le microphone : le bruit ambiant est le seul problème qu’on ne peut pas corriger après l’enregistrement.
Quel logiciel faut-il pour enregistrer un audioguide ?
Un logiciel gratuit d’enregistrement et de montage suffit. Il doit permettre de couper les silences, d’assurer un volume constant entre les étapes et d’exporter des fichiers compressés pour le web.
Faut-il un comédien voix professionnel ?
Pas pour chaque langue. Une voix humaine convient à la langue principale et aux sujets à forte charge émotionnelle. La narration synthétique rend les langues supplémentaires abordables, à condition qu’une personne qui parle la langue vérifie les noms.
Les visiteurs ont-ils besoin d’un équipement particulier ?
Avec un guide accessible dans le navigateur, seul le téléphone qu’ils ont déjà leur est nécessaire. Certains apportent leurs propres écouteurs, mais le guide doit aussi rester audible sur le haut-parleur du téléphone, car la plupart n’en auront pas.
Combien de temps faut-il pour enregistrer ?
Pour un premier essai, comptez environ trois à quatre fois la durée de l’audio final. Un guide de dix-huit minutes demande donc à peu près une journée, reprises et montage compris. Le travail accélère nettement une fois que le narrateur a trouvé son rythme.

